Un coup de feu déchire la quiètude estivale d'un palace de la côte d'azur. Pour Sagesse, Il sonne le glas d'une l'adolescence insouciente, et fait remonter les plaies et les secret d'une autre vie, celle d'une dynastie pied noir qui n'a pas su dire adieu à l'Algérie.


A quinze ans, je savais quel tableau choisir: ç'aurait été l'aquarelle de la baie d'alger, cette merveille étincelante, inondée de soleil, peinte à l'époque de tous les possibles, quand la ville aurait pu simplement devenir, le temps aidant _ le futur impossible de ce plus que parfait_ La cité du dieu d'Augustin ou la cité de l'homme de Camus.
J'aurais voulu entrer dans cette image et changer ce monde, grâce à l'expérience que j'y apportais de la déchéance et de la haine à éviter.
J'aurais changé le cours de l'histoire. J'aurais imposé le rêve de paradis sur terre de Camus, celui d'une culture méditérranèenne, à la fois démocratique et polyphonique.
Je me serais abritée du soleil, le long des fontaines mauresques, et j'aurais déambulé dans la casbah, saluant (couramment) en arabe les ancêtres de Sami, j'aurais rêvé sous les ombrages de Jujubiers, dans une atmosphère saturé d'amandiers en fleurs.
Mais à quinze ans, je n'était plus une enfant, et je savais que c'était impossible.



Après un début de lecture difficile surtout à cause de la surenchères de descriptives on arrive au sujet, les allées retours entre la vie de cette fillette, enfant et petit enfant de rapatrié, entre les silences du passé et les silences du présent.
Le désir de vivre pour la famille, cette façon de se protéger de l'extérieur en se recroquevillent sur les membres restant, l'étouffement, allant pour certain jusqu'au non désir de vie, la fuite en avant.
Le regard de ceux qui ont vécus l'arrivée sur une terre de France qui n'était pas leur pays, le regard de ceux qui les reçurent. Les mensonges et les vérites mêlées.

J'ai des sentiments ambigus face à cette lecture :

  • La recherche des racines que l'on a perdu.
  • L'honnêteté de reconnaître que ce pays devait être rendu aux siens.
  • La rage des mensonges politiciens.
  • La mort

Je ne sais pas encore, mais j'en profite pour remercie JF pour m'avoir fait découvrir Claire Messud