femmeClaire Messud

Un coup de feu déchire la quiètude estivale d'un palace de la côte d'azur. Pour Sagesse, Il sonne le glas d'une l'adolescence insouciente, et fait remonter les plaies et les secret d'une autre vie, celle d'une dynastie pied noir qui n'a pas su dire adieu à l'Algérie.


A quinze ans, je savais quel tableau choisir: ç'aurait été l'aquarelle de la baie d'alger, cette merveille étincelante, inondée de soleil, peinte à l'époque de tous les possibles, quand la ville aurait pu simplement devenir, le temps aidant _ le futur impossible de ce plus que parfait_ La cité du dieu d'Augustin ou la cité de l'homme de Camus.
J'aurais voulu entrer dans cette image et changer ce monde, grâce à l'expérience que j'y apportais de la déchéance et de la haine à éviter.
J'aurais changé le cours de l'histoire. J'aurais imposé le rêve de paradis sur terre de Camus, celui d'une culture méditérranèenne, à la fois démocratique et polyphonique.
Je me serais abritée du soleil, le long des fontaines mauresques, et j'aurais déambulé dans la casbah, saluant (couramment) en arabe les ancêtres de Sami, j'aurais rêvé sous les ombrages de Jujubiers, dans une atmosphère saturé d'amandiers en fleurs.
Mais à quinze ans, je n'était plus une enfant, et je savais que c'était impossible.



Après un début de lecture difficile surtout à cause de la surenchères de descriptives on arrive au sujet, les allées retours entre la vie de cette fillette, enfant et petit enfant de rapatrié, entre les silences du passé et les silences du présent.
Le désir de vivre pour la famille, cette façon de se protéger de l'extérieur en se recroquevillent sur les membres restant, l'étouffement, allant pour certain jusqu'au non désir de vie, la fuite en avant.
Le regard de ceux qui ont vécus l'arrivée sur une terre de France qui n'était pas leur pays, le regard de ceux qui les reçurent. Les mensonges et les vérites mêlées.

J'ai des sentiments ambigus face à cette lecture :

  • La recherche des racines que l'on a perdu.
  • L'honnêteté de reconnaître que ce pays devait être rendu aux siens.
  • La rage des mensonges politiciens.
  • La mort

Je ne sais pas encore, mais j'en profite pour remercie JF pour m'avoir fait découvrir Claire Messud

Commentaires

1. Le lundi 14 mars 2005, 23:23 par Ailes

c'est fou comme certains auteurs savent mettre le doigt là où ça fait mal et là ou ça remue la tripaille

gros bisous ma belle

2. Le mardi 15 mars 2005, 07:01 par lilou la teigne

Pour l'instant je digére.

bises

3. Le mardi 15 mars 2005, 12:02 par nam-nam

que dire alors que tout a déjà été dit?

4. Le mardi 15 mars 2005, 12:58 par facettes

ché pas ?

on joue aux cartes ?

moi j'suis contente de voir que nam nam et lilou ça colle

ben ouaih j'avais envie de le dire :)

5. Le mardi 15 mars 2005, 15:57 par lilou la teigne

Alors aux tarots, j'aime, et tu fais bien de dire ce que tu as envie il parait que cela s'appelle liberté d'expression.

Bises à vous deux

6. Le mardi 15 mars 2005, 16:18 par nam-nam

bonne idée ... en plus vous allez gagner - j'suis nulle au jeu!

Bises aux dames de coeur

7. Le mardi 15 mars 2005, 22:38 par zacki

Je sens la nostalgie qui revient souvent. Je vois bien que tu aimes ce pays, même s'il s'agit de celui d'avant, une quarantaine d'années en arrière. Alors bien sur tu as fait la promesse de ne pas y retenir, soit. Mais ce pays est là, si proche. Il a évidemment beaucoup changé et ton passé est douloureux. Mais ne serait-ce pas un bon exécutoire que d'y aller voir ?

Le bisou du soir (en retour).

8. Le mercredi 16 mars 2005, 07:33 par lilou la teigne

Non, je crois qu'un souvenir doit rester un souvenir sous peine d'être déçu. Je suis retournée sur le pont du Gard il y a quelques années et j'ai été déçu il ne correspondait pas à mes souvenirs, je l'ai trouvé petit (rire) J'aime ce Pays parcequ'il m'a donné la vie, mais il n'est plus et cela aussi je le sais.

Le bisou du matin

9. Le mercredi 16 mars 2005, 09:11 par Samantdi

C'est une histoire émouvante et terrible que celle des "pieds noirs"... appellation déjà péjorative et qui recouvre des réalités drôlement différentes.
Je me souviens des enfants de mon âge qui venaient de "là-bas" et de leur drôle d'accent, je me souviens des remarques pas très sympathiques des gens d'ici à leur encontre.
Suspectés d'avoir été "profiteurs" par les uns, témoins gênants du mensonge d'état qui avait consisté à faire croire à une éternelle Algérie Française pour les autres : quelle était leur place? Quelle identité pour leurs racines...?
L'expression "là-bas" pour définir un endroit réel mais perdu, pas un "au-delà", seulement un "là-bas"... avec le silence et la honte autour.

Un héritage de soleil et de tragédie. Je trouve que Claire Messud écrit très bien cela, d'après cet extrait.

Encore un livre à mettre sur la liste des lectures futures!

Bonne journée Lilou !

10. Le mercredi 16 mars 2005, 12:30 par facettes

alors pour les cartes à part la belotte , j'y connais rien

le tarot ben va falloir que j'm'y mette !

y' a des histoires de pouces la dedant

je sors de suite le mien

gros bisous ma belle :)

11. Le mercredi 16 mars 2005, 14:21 par nam-nam

et pourquoi pas une partie de Uno ? (là au moins j'dois avoir un semblant de souvenirs des règles)

Bisous éclatés de rire

12. Le mercredi 16 mars 2005, 18:13 par lilou la teigne

Nous les gens de là bas, imaginions une France idéalisé, belle et terre d'accueil. Pour beaucoup elle a été le symbole de la laideur et du rejet. Il y a eu deux types de rapatriés ceux qui ont sentis le vent tourné et sont partie entre 1950 et 1953 cela nous ont fait du tord, ils sont arrivés en conquérants, bien souvent des propriètaires terriens qui arrivés avec une jolies fortune, et puis il y a tout les autres ceux qui n'étaient que de simples ouvriers qui pensaient que l'Algérie était leur patrie, et qu'ils étaient tous frères, les mulsumans, les juifs, les espagnoles et les anciens bagnards, ils pensaient ne faire qu'un seul peuple. Plus grande a été la déchirure, leur misère morale en arrivant sur cette terre de France français de second zone. Et pourtant cette terre qu'ils pensaient leurs, n'était qu'un leurre de plus.

13. Le mercredi 16 mars 2005, 18:30 par Moyra

Je n'ai pas lu ce livre ...mais toute erreur peut être réparée ...merci de m'en avoir donné envie!

14. Le mercredi 16 mars 2005, 22:38 par Samantdi

Concernant les différentes "vagues" d'arrivées en France , ce que tu dis me fait penser à des exemples concrets de gens que j'ai connus. C'est tout à fait ça. Les premiers qui ont senti le vent tourner, comme tu dis, avaient des biens, de l'argent... Je me souviens de la famille d'une copine rencontrée en fac. Ses parents avaient acheté dans les années 1955 un superbe appartement dans l'un des quartiers les plus chics de Toulouse, puis son père a monté une affaire florissante. Il n'avait pas de scrupules, c'était un type qui voulait réussir à tout prix.
Mais la plupart des autres "pieds-noirs" étaient des agriculteurs ou de petits employés... dur dur de s'installer dans une région à la mentalité bien campagnarde où on te juge d'après tes origines et ta famille depuis des générations...

PS : sinon, je sais jouer au tarot, moi aussi :)

15. Le mercredi 16 mars 2005, 22:56 par lilou la teigne

Mon grand père à fait partie de la 1er vague, il c'est installer à Toulouse et à créer une affaire florissante,
Nous on était de la deuxième et le grand père je l'ai vu deux fois dans ma vie.
Tien pour rire la 1er fois que je le rencontre j'avais 15 ans et il me donne un billet de 500 Fr, il donne d'ailleurs la même chose aux six ados qui étaient là, j'en avais jamais vu et j'ai mis deux ans avant de pouvoir le dépenser.

"sinon, je sais jouer au tarot"

J'adore ce jeu j'en suis dingue je peux y passer la nuit.

16. Le jeudi 17 mars 2005, 01:20 par facettes

raaaa va falloir nous apprendre lilou !

nam nam je sais jouer au uno aussi euh (pliée de rire )

chutt suis pas sérieuse elle va raler la lilou

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