Ce matin très tôt, je me suis levée.

L'aube pointait à peine le bout de son nez .

J'ai pris dans la grange la vieille charrue, celle que nous appelons la Marguerite en souvenir de l'aïeule.

J'ai attelé la fougueuse, nom de dérision pour une jument douce comme une agnelle.

Ce matin est le 1er jour des labours.

Je vais retourner cette terre si rude et si riche comme mon père avant moi et son père avant lui.

Le travail sera long et difficile, nous engraissons la terre de notre sueur , de nos larmes ,de nos peines et de nos joies.

Viendra ensuite le temps des semailles , sur la récolte dernière deux beaux sacs de grains ont été prélevés.

Avec un geste ample je les donnerai à cette terre retourné de ma main, et j'enfouirai le grain en son ventre , comme l'enfant en sa mère .

Ensuite viendra l'attente avec la peur, trop chaud, trop pluvieux et nous aurons faim.

Avec optimisme aussi, le soir me verra à regarder les étoiles, la couleur de la lune, la densité des nuages, je humerai l'air en quête de signes favorables.

Puis quand le blé commencera à sortir de terre, je viendra m'asseoir et je le regarderai lever ,comme l'homme regarde son enfant grandir avec amour et bienveillance.

Pour l'instant je suis là à regarder l'aube pointer le bout de son nez, et je rêve encore quelques instants ce que sera demain.

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