Voila quelques temps que dans ma tête tourne en rond la mort et le rapport que j'ai avec elle.

Un peu comme tout le monde, j'ai perdu des gens, plus ou moins aimés de ma famille ou de mon cercle d'amis proches.

Il y a ceux que je porte autour du cou, ceux qui sont gravés dans mon cœur et ceux pour qui j'ai eu de la peine mais sans en être marquée.

J'ai toujours pensé qu'il fallait laisser partir les morts, oui mais voilà parfois ce n'est pas facile tant leur départ est injuste, que j'ai du mal à l'assumer, que ma colère les reteint, enfin tout un tas d'états d'âme qui fait que j'ai le sentiments qu'ils sont là jours et nuits à me coller à la peau.

Parfois dans les moments où ils me manquent le plus je me mets en colère après eux, les accusants d'abandon, je leur parle, je leur demande des explications, j'appelle cela mes colères d'enfants.

Le temps joue en ma faveur, peu à peu la douleur et l'incompréhension de la perte font place à plus de sérénité, je pense à eux de manière plus douce, aux moments heureux partagés ensemble, des situations qui me les rappellent sans douleur, ils sont morts mais sereins au chaud dans mon cœur.

Aussi étonnant que cela semble, j'ai le sentiment que l'on meure réellement le jour où plus personne ne pense à vous, où vous disparaissez de la mémoire.

Aujourd'hui, comme hier, comme demain, de façon sereine et plein d'amour je pense à vous qui êtes partis.

Et pour finir sur une note un peu plus joyeuse voilà ma merveille 4 mois depuis hier.

4 mois

Il est pas beau ce petit bout d'homme

Commentaires

1. Le jeudi 1 août 2013, 23:30 par la lune indigene

Eh bien, quel texte profond... De mon côté, chaque fois que je touche le fond, j'implore mon grand-père de m'aider, d'être là, de trouver une solution. C'est un cri d'enfance. Il faut dire, j'avais moins de dix ans, j'avais écrit un petit mot : "Il n'y a que pépé qui m'aime". Mes parents l'avaient retrouvé plus tard, alors qu'ils organisaient la vieillesse des aînés. Quelques années plus tard, à la maison de retraite, à deux doigts de s'éteindre, mon grand-père m'a écrit à son tour un mot, implorant. Mes parents, se sentant coupables, m'ont averti de ce message, mais l'ont jeté sans que j'en ai pris connaissance.
Vous avez raison, notre mémoire porte les disparus. Lire Les Années de Ernaux éventuellement. Des bises...

2. Le vendredi 2 août 2013, 16:55 par Lilou
Merci, juste une question qui est l'auteur...?
3. Le vendredi 2 août 2013, 22:13 par la lune indigene

ah, je n'ai pas été claire : les années, roman de Annie Ernaux. Magnifique, comme tout ce qu'elle a écrit.

4. Le vendredi 2 août 2013, 23:24 par Lilou
Merci, merci la lune

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